Un CMS headless est un outil de gestion de contenus qui sépare le « back-office », où vos équipes rédigent, du site ou de l’application qui affiche ces contenus : les textes et les images sont stockés d’un côté, puis envoyés par API vers un site web, une application mobile ou tout autre écran. Bien construit, il donne un site rapide, bien référencé et facile à faire évoluer. Mal construit, il devient un back-office que personne n’ose toucher.
C’est pourquoi le choix de l’agence compte autant que celui de l’outil. Nous avons sélectionné quatre agences françaises qui livrent des projets headless. Précision importante : Dernier Cri fait partie de la liste. Nous sommes donc juge et partie, et nous l’assumons. C’est pourquoi nous publions nos critères, et que les informations sur chaque agence proviennent de leurs propres sites (ou de l’annuaire officiel de l’éditeur du CMS lorsqu’il s’agit d’un partenariat). L’ordre de présentation n’est pas un classement de mérite.
Nos critères de sélection
Pour figurer dans cette sélection, une agence doit réunir :
- des projets headless réellement en production, et pas seulement des maquettes ;
- la maîtrise de plusieurs CMS, ou une spécialité clairement assumée, pour conseiller l’outil adapté plutôt que celui qu’elle a l’habitude de vendre ;
- un front-end performant et pensé pour le SEO (Next.js, Nuxt…), car un CMS headless ne fait rien sans le site qui l’affiche ;
- le souci de l’autonomie des équipes éditoriales : modélisation des contenus, rôles, formation ;
- des références vérifiables, publiées sur son site ;
- une équipe basée en France.
1. Dernier Cri
En bref : fondée en 2014, 48 experts produit, design et tech, implantée à Paris, Lille, Bordeaux, Nantes et Marseille. Entreprise certifiée B Corp et partenaire agréé pour le Crédit d’impôt innovation (CII).
Positionnement : une product factory qui conçoit des CMS headless comme des briques du produit, avec plusieurs outils maîtrisés : Strapi pour les CMS sur mesure et fortement liés à la logique métier, Payload pour les usines à sites et les produits Next.js, Prismic et DatoCMS pour les sites orientés contenu, sans oublier Webflow et, pour l’e-commerce headless, Sylius. La conviction affichée : le CMS doit s’adapter au produit, jamais l’inverse.
Projets de référence :
- Paymium : refonte du site du pionnier français du Bitcoin sur Strapi et Next.js, avec deux parcours (particuliers et professionnels), un site bilingue français-anglais, un audit SEO, accessibilité et performance, et des offres, cryptomonnaies, Académie et blog gérés en autonomie par les équipes Paymium ;
- Gereso : migration vers Laravel et DatoCMS d’un site qui génère 80 % des leads de l’entreprise, sans aucune perte de position SEO et avec un taux de conversion en hausse ;
- Sames : architecture headless DatoCMS et Laravel pour un écosystème digital international en 37 langues, connecté à SAP C4C, au PIM et à Matomo ;
- APRIL : refonte technique des tunnels de souscription sur Vue.js et Prismic, avec 100 % de disponibilité de la plateforme.
Pour qui : les entreprises qui veulent un seul partenaire pour choisir le CMS, modéliser les contenus, concevoir le design, développer puis maintenir le site, avec une attention particulière au SEO et à l’autonomie des équipes éditoriales.
2. Kaliop
En bref : agence technologique implantée à Paris, Montpellier et Toulouse, ainsi qu’en Pologne. Elle revendique plus de 20 ans d’expérience dans les CMS et se présente comme partenaire de Strapi.
Positionnement : CMS headless et architectures composables, avec Strapi, Contentful et DatoCMS. L’agence met en avant la modélisation des contenus, le développement de plugins Strapi (dont un plugin open source pour relier plusieurs types de contenus) et les usines à sites industrialisées sur Kubernetes.
Références citées : Atout France (refonte de france.fr sur Strapi, Vue et Scaleway), Yelloh! Village (usine à sites sur Strapi), Accor et la Croix-Rouge française (Contentful), Interflora (architecture composable avec DatoCMS).
Pour qui : les organisations qui ont plusieurs sites à gérer et une forte exigence d’architecture.
3. Antadis
En bref : agence e-commerce indépendante implantée à Paris et à Lausanne, référencée dans l’annuaire des agences partenaires de Prismic.
Positionnement : e-commerce headless, avec une promesse simple : refondre le front d’une boutique sans toucher au back-office marchand. L’agence travaille aussi avec Shopify, PrestaShop, Adobe Commerce et Sylius.
Références citées : Dammann Frères (front headless et plateforme e-commerce internationale), Emile Henry, Fabrique de Styles, Obut, et Giphar, avec la migration de plus de 4 000 contenus éditoriaux.
Pour qui : les marques e-commerce qui veulent mêler catalogue produits et contenus éditoriaux riches.
4. Scroll
En bref : fondée en 2021, basée à Paris, plus de 150 clients et plus de 300 projets livrés.
Positionnement : sites sur mesure en Next.js avec Payload comme CMS par défaut (le site de l’agence tourne lui-même sur Payload), ainsi que des projets Webflow.
Références citées : Zéro Doute et Parallaxe Studio (sites sur Payload), Art Explora (plus d’un million de pages vues par an), Côté Neuf (plus de 3 000 pages automatisées).
Pour qui : les PME et startups qui veulent un site Next.js moderne avec un CMS léger.
Strapi, Payload, Prismic, DatoCMS… lequel choisir ?
Les CMS headless se rangent en deux familles.
Les CMS open source, à héberger vous-même (ou chez un hébergeur de votre choix). Strapi, créé en France, est un serveur de contenus autonome, très personnalisable, qui expose ses contenus en REST ou GraphQL. Payload, sous licence MIT et écrit en TypeScript, s’installe directement dans une application Next.js : back-office, API et site partagent le même code. Racheté par Figma en 2025, il reste open source. Avantages : pas de licence par utilisateur, maîtrise totale des données. Contrepartie : hébergement, sécurité et mises à jour sont à votre charge, ou à celle de votre agence.
Les CMS en SaaS, hébergés par l’éditeur : Prismic (d’origine française lui aussi), DatoCMS, Contentful, Storyblok ou Sanity. Vous déléguez l’infrastructure et vous profitez d’une interface éditoriale soignée, en échange d’un abonnement qui évolue avec le volume de contenus, d’utilisateurs ou de langues.
Pas de vainqueur absolu : tout dépend de la complexité métier, du nombre de sites et de vos contraintes d’hébergement.
Comment choisir votre agence
Les quatre agences ci-dessus savent toutes livrer un projet headless. La bonne question n’est donc pas « qui est la meilleure ? », mais « qui est la meilleure pour mon projet ? ».
1. Demandez un conseil sur le choix du CMS
Une agence qui ne maîtrise qu’un outil vous le recommandera toujours. Demandez-lui pourquoi ce CMS plutôt qu’un autre dans votre cas précis.
2. Regardez l’expérience des contributeurs
Un CMS headless réussi est un CMS que vos équipes utilisent sans appeler les développeurs. Demandez à voir un back-office livré : blocs de mise en page, prévisualisation, gestion des langues, rôles et droits.
3. Exigez de la performance et du SEO
Le headless n’est pas rapide par magie : tout dépend du front-end. Vérifiez la maîtrise du rendu serveur, des métadonnées, des redirections et des Core Web Vitals.
4. Anticipez la migration des contenus
Quitter WordPress ou Webflow demande de reprendre les contenus, de conserver les URL et de préserver le référencement. Nous détaillons les limites de Webflow face au headless dans notre article Webflow vs CMS headless. Demandez un plan de redirection et un suivi des positions après la mise en ligne.
5. Clarifiez hébergement, sécurité et maintenance
Avec un CMS open source, quelqu’un doit héberger, surveiller et mettre à jour le serveur. Avec un SaaS, il faut suivre l’abonnement et les évolutions de l’éditeur. Sachez qui s’en charge avant de signer.
Les questions à poser avant de signer
- Pourquoi recommandez-vous ce CMS pour notre projet, et quelles alternatives avez-vous écartées ?
- Comment allez-vous modéliser nos contenus, et avec qui dans nos équipes ?
- Pouvons-nous voir un back-office que vous avez livré et parler à ses utilisateurs ?
- Comment garantissez-vous la performance et le référencement du futur site ?
- Comment se passe la reprise des contenus existants et la préservation du SEO ?
- Qui héberge, maintient et met à jour le CMS après la mise en ligne ?
- À qui appartiennent le code, les contenus et les accès ?
FAQ
Quelle est la meilleure agence CMS headless en France ?
Il n’y a pas de réponse unique. Le bon choix dépend de votre besoin : accompagnement produit de bout en bout, usine à sites, e-commerce headless ou site Next.js léger. Comparez les agences sur les critères ci-dessus et sur des projets en production comparables au vôtre.
Combien coûte un site sur un CMS headless ?
Le budget dépend du nombre de modèles de pages, de la richesse de la modélisation, des langues, des intégrations (CRM, PIM, e-commerce) et de la migration des contenus. Ajoutez le coût récurrent : abonnement pour un CMS en SaaS, hébergement et maintenance pour un CMS open source. Demandez un chiffrage détaillé par poste.
Headless ou WordPress ?
WordPress reste efficace pour un site simple géré par une petite équipe. Le headless devient plus pertinent quand le site doit évoluer vite, alimenter plusieurs canaux (web, application mobile), s’intégrer à d’autres outils ou offrir de hautes performances. Il demande en revanche une équipe technique pour le front-end.
Strapi ou Payload ?
Strapi est un serveur de contenus autonome, très personnalisable, adapté aux plateformes métier et aux architectures où plusieurs applications consomment les mêmes contenus. Payload vit dans le code d’une application Next.js : moins d’infrastructure, et un atout pour gérer plusieurs sites depuis une seule instance. Les deux sont open source et auto-hébergeables.
Parlons de votre projet
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